Ô, social.

Plantée contre mon gré au milieu d’une société où l’importance des réseaux inter-communicatifs prime, je me suis retrouvée bien embêtée quand je me suis rendu compte de ma gigantesque lacune au niveau des compétences sociales. Partout là où je me sentais incomprise et délaissée, je comprends à force d’efforts et d’analyses que mon propre fonctionnement était en fait mauvais.

Je ne parle pas d’un besoin de rentrer dans le moule, non, car l’originalité bien qu’étant à la mode ces derniers temps est une de mes marques de fabrique, et ce depuis aussi loin que je m’en rappelle. Je parle plutôt des normes qui régissent le social, cette infiniment fine limite de normalité comme je le vois si bien dans mes cours: mon dosage de réaction est mauvais, mais surtout ma compréhension des codes des autres.

J’ai l’impression de devoir développer une quantité épuisante de réflexion pour réussir à appréhender un micro-mêtre d’une situation sociale donnée: Pourquoi ne m’a-t-elle pas répondu ? L’ai-je froissé ? Pourquoi je donne sans recevoir et ai-je raison de donner ? Ai-je raison de me poser toutes ces questions quand tout le monde vit simplement ses petites histoires sans penser à tous ces paramètres qui leur semblent insignifiants quand je les évoque ?

 – J’ai l’impression que tu m’en veux pour quelque chose. – Non, pourquoi ? – J’en sais rien, comme ça.

Pas un mauvais rêve qui se répète chaque nuit, juste quelque chose à quoi je suis confrontée au quotidien: l’impression qu’on m’en veut, l’impression que j’ai fait quelque chose de mal… En fin de compte ça rentre bien dans le moule de ma névrose omniprésente. Je n’arrive pas à comprendre comment en l’espace d’une semaine tu peux passer d’une relation où l’on a envie de parler à chaque minutes chaque secondes à une relation à deux messages par journée, tout en devant se dire que tout fonctionne quand même bien, tout en étant obligé d’intégrer qu’il n’y a pas de problème.

C’est ça le problème, je n’arrive pas à comprendre, et personne n’est capable de m’expliquer parce que c’est comme ça qu’ils ont toujours fonctionné et que ça leur est tellement naturel qu’ils ne sauraient eux-mêmes pas me dire le pourquoi du comment.

Je déteste ne pas comprendre, je manque de patience, et ma coquille me manque.

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faim

Depuis un certain temps, j’ai faim.

Enfin, c’est plutôt mon coeur.

À militer depuis des mois interminables l’oubli des exs et à insister à quel point « tout finit par aller mieux », le temps m’a rattrapée. Mon coeur a faim d’amour.

Oui.

À vrai dire, je ne sais pas trop vraiment comment gérer tout ça. Qu’ils me manquent, les regards doux.

Ils me disent qu’on retombe toujours amoureux, et pourtant j’ai cessé d’attendre. Ils me disent qu’il ne faut pas chercher, mais n’est-il point humain de zieuter aux vitrines des boulangeries même pendant un régime ?

Le temps passe, le vide se creuse, et mon coeur gronde. 

Depuis un certain temps, j’ai faim. Enfin, plutôt mon coeur. Mon coeur a faim d’amour.

une lettre de remerciement.

J’ai appris la vie de toi comme on respire.

Je n’ai jamais eu l’occasion d’honnêtement te remercier, ensevelie sous la haine et le désespoir d’avoir été lâchée, livrée à moi même, et ça du jour au lendemain.

Aux pont coupés les mots restent en suspend. Et pourtant.

Tu m’as appris qu’on pouvait offrir à quelqu’un le meilleur en même temps que le pire.
Tu m’as appris qu’il fallait se méfier de tout inoffensif agneau.                                               Tu m’as appris que rien n’était constant.                                                                               Tu m’as appris l’amour et la haine, tu m’as appris la tristesse et la colère.

Les hurlements dans la rue, les pleurs dans la salle de bain;

Mais aussi et surtout l’indépendance.

J’ai appris grâce à toi la fierté et l’acceptation, mais aussi la tolérance et la passivité.      J’ai appris de toi qu’avoir du caractère n’était en rien commun avec un sang chaud,

Mais aussi la patience, le calme, et surtout la joie de vivre.

Car il est vrai que je ne me suis jamais sentie aussi vivante que depuis que tu es parti.      Je n’ai jamais été aussi vraie et fière d’être qui je suis.

Et pour tout cela, je te dois le plus grand des mercis.

Cordialement, une grande guérie.