faim

Depuis un certain temps, j’ai faim.

Enfin, c’est plutôt mon coeur.

À militer depuis des mois interminables l’oubli des exs et à insister à quel point « tout finit par aller mieux », le temps m’a rattrapée. Mon coeur a faim d’amour.

Oui.

À vrai dire, je ne sais pas trop vraiment comment gérer tout ça. Qu’ils me manquent, les regards doux.

Ils me disent qu’on retombe toujours amoureux, et pourtant j’ai cessé d’attendre. Ils me disent qu’il ne faut pas chercher, mais n’est-il point humain de zieuter aux vitrines des boulangeries même pendant un régime ?

Le temps passe, le vide se creuse, et mon coeur gronde. 

Depuis un certain temps, j’ai faim. Enfin, plutôt mon coeur. Mon coeur a faim d’amour.

une lettre de remerciement.

J’ai appris la vie de toi comme on respire.

Je n’ai jamais eu l’occasion d’honnêtement te remercier, ensevelie sous la haine et le désespoir d’avoir été lâchée, livrée à moi même, et ça du jour au lendemain.

Aux pont coupés les mots restent en suspend. Et pourtant.

Tu m’as appris qu’on pouvait offrir à quelqu’un le meilleur en même temps que le pire.
Tu m’as appris qu’il fallait se méfier de tout inoffensif agneau.                                               Tu m’as appris que rien n’était constant.                                                                               Tu m’as appris l’amour et la haine, tu m’as appris la tristesse et la colère.

Les hurlements dans la rue, les pleurs dans la salle de bain;

Mais aussi et surtout l’indépendance.

J’ai appris grâce à toi la fierté et l’acceptation, mais aussi la tolérance et la passivité.      J’ai appris de toi qu’avoir du caractère n’était en rien commun avec un sang chaud,

Mais aussi la patience, le calme, et surtout la joie de vivre.

Car il est vrai que je ne me suis jamais sentie aussi vivante que depuis que tu es parti.      Je n’ai jamais été aussi vraie et fière d’être qui je suis.

Et pour tout cela, je te dois le plus grand des mercis.

Cordialement, une grande guérie.