être brisée.

T’étais là, tranquille, peinarde. Tu attendais ses excuses pour la énième fois. C’est un dû, après tout il a mal agi, comme d’habitude. Il est irritant. Il te les doit, et tu les exiges.

Tu n’avais aucune idée de ce qui se tramait juste sous tes yeux.

Tu sors, tu allumes ton téléphone, et là c’est la dégringolade. Tu lis son message. Tu lis qu’il te quitte. Tu lis qu’il ne reviendra pas. Que sa décision est prise. Ton coeur s’arrête net. 

Tu relis, une fois, deux fois, puis trois, les larmes montent à tes yeux tandis que tes jambes ne supportent plus ton poids, pourtant si léger il y a à peine quelques minutes. Tu t’écroules.

Tu gis là, assise à terre, ton téléphone te glissant des doigts, le regard dans le vague. Mais pourquoi ? Mais comment ? À quel moment ça lui a pris ? Pourquoi n’a-t-il rien dit ? Et je vais faire quoi moi maintenant sans lui ?

Tu n’arrives pas à prendre conscience de la chose. La douleur se diffuse lentement, et secoue ton âme, la fissure, la ronge. Les larmes coulent, et les sanglots se succèdent, se bousculent.

Et tu as beau pleurer que la douleur ne s’en va pas. La douleur

Cette sensation qu’on ne connait que lors d’un chagrin d’amour, cette horreur qui découle de l’effondrement psychique et qui ébranle une à une chaque partie de ton corps.

Tu cries, tu pleures, tu hurles ton désarroi à ce monde qui n’en a que foutre de ton malheur; dans l’espoir que cette maudite douleur s’estompe. Mais rien n’y fait.

Et les autres, qu’est ce qu’ils sont cons les autres, à tous te donner les mêmes conseils sur le temps qui passe, ces mêmes conseils dont tu n’as que faire. Tu ne veux que lui. Pas un autre, jamais un autre, plus jamais. LUI.

Tu prends conscience que tu ne l’auras plus. Tu te demandes comment vous en êtes arrivés là, ce que tu aurais pu faire pour modifier le cours des évènements. Tu repasses tout en revue. Tu te raccroches aux souvenirs.

Tu repenses à sa peau collée contre la tienne, à vos étreintes. Tu repenses à vos baisers, à vos sourires, à vos rires. À vos habitudes, à votre quotidien. Ce quotidien si lancinant qui s’était instauré sans le vouloir, ce quotidien à propos duquel tu râlais sans cesse.

Tu réalises combien les gens se plaignent de ce qu’ils ont au lieu d’en profiter. 

Tu te trouves stupide, tu te détestes au plus haut point d’avoir tout détruit, tout gâché, tu t’attribues toutes les fautes et tous les vices. Tu te sens vidée de ton énergie, de ton envie, de tes émotions. Car après tout à quoi bon faire quelque chose de toi si ce n’est pas pour lui ?

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Calme toi.

Tu vas surmonter ça.

Tu y arriveras.

Je te promets que ça ira.